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Paul Buffet-Beauregard
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Paul Buffet-Beauregard

BCRA
DGER
Réseau France-d'abord

Alias : Jacques Beauregard

Paul Buffet est né le 6 avril 1914 à Publy (Jura) dans une famille d'exploitants forestiers.

Engagé pour cinq ans le 25 octobre 1932 dans la D.C.A., il est en 1939 au centre de renseignements de la 14e Région militaire à Lyon.

Il entend l'appel du 18 juin à Port-Vendres d'où il tente de rejoindre Londres sur l'Apapa, mais il est arrêté par les autorités militaires françaises au moment d'embarquer.

Refusant la défaite, en janvier 1941, il entre au réseau "France d'abord" à Lyon. Comme spécialiste des transmissions, il intercepte des communications téléphoniques et radios allemandes. Ce travail permet notamment le bombardement de Turin et de Milan par la RAF le 21 février 1941.

Le 1er octobre 1942 sous le nom de Jacques Beauregard, il s'engage dans les Forces françaises libres en qualité de chef national technique des transmissions clandestines en France occupée.

Il réalise avec extrêmement peu de moyens le matériel camouflé nécessaire aux liaisons clandestines, ainsi que l'équipement technique du plateau du Vercors, qu'il dote d'un émetteur ondes-courtes de radiodiffusion de 2 Kw.

Il crée un service PTT pour la région de Lyon et les départements limitrophes, autorisant ainsi des écoutes clandestines sur les réseaux allemands, tels que ceux de la liaison Fort Montluc-Ecole de Santé militaire à Lyon. Il met en place un plan d'intervention sur les câbles téléphoniques à grande distance, plan mis à exécution au central Franklin à Lyon, ce qui permettra de paralyser les communications entre Paris et Marseille au moment du débarquement en Provence en août 1944.

Il crée également un service médical d'urgence comprenant médecins, chirurgiens et clinique pour tout le personnel des services généraux; il organise pour le Vercors un service de santé militaire comprenant 40 médecins et chirurgiens. Par ailleurs, il participe activement aux tentatives pour délivrer Jean Moulin et son Etat-major.

Poursuivi par la Gestapo, il est blessé par balle et arrêté le 22 juillet 1943, à Lyon. Torturé et condamné à mort, il est emprisonné au Fort Monluc à Lyon où il décide de se battre jusqu'au bout : il crée à l'intérieur de la prison un service d'information et aide à s'évader nombre de ses camarades au cours de leur transfert de la Prison.

Le 11 septembre 1943, Beauregard est ramené sous escorte à son domicile lyonnais par deux inspecteurs de la Gestapo après les avoir persuadés, dans l'espoir de trouver une occasion de s'échapper, que des documents importants s'y trouvaient. Dans l'escalier, accompagné d'un des inspecteurs, il croise son voisin du dessous et adjoint dans la Résistance, Antoine Duchêne, qui, averti par le réseau d'écoutes téléphoniques, attend son passage depuis trois jours. Sous prétexte de lui fournir une valise, ce dernier le rejoint dans son appartement et, pour permettre son évasion, détourne l'attention de l'inspecteur de la Gestapo ; Beauregard parvient à sortir de l'appartement, ferme la porte à clé et s'échappe. Le policier se venge en abattant Duchêne.

Jacques Beauregard rouvre très vite ses six ateliers clandestins d'émetteurs-récepteurs.

Au bout de cinq mois, il décide de rejoindre Londres via l'Espagne mais il est arrêté à nouveau et incarcéré au camp de Miranda. Il découvre les rouages de l'organisation Gestapo du camp et fait parvenir aux services français de Madrid la liste des adresses qu'il s'est procurées sur le chef même de l'organisation.

En septembre 1944, chef de mission du Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA), de retour en France, il est chargé de réorganiser les transmissions gouvernementales en qualité de directeur des Transmissions du Ministère de l'Intérieur.

Lieutenant-colonel à la fin de la guerre (grade d'assimilation), il crée, en 1945, avec ses camarades de combat la S.A. l'Electronique Appliquée (E.L.A.) dont il est le PDG jusqu'en juin 1977. Cette société participera de 1956 à 1967, à l'équipement de tous les centres d'études nucléaires français en matériel de mesure et de contrôle avant de se spécialiser dans la détection sous-marine puis la téléphonie.

Il est également PDG de la Céramique Ferro-Electrique (C.F.E.), de la S.A. Electronica Applicada à Buenos Aires et administrateur de nombreuses sociétés.

En 1976 il est fait docteur honoris causa de la Faculté de Cordoba en Argentine (pour ses travaux sur le traitement de la maladie de Chagas) ; il est aussi le fondateur de la première société mixte franco-roumaine Elarom à Bucarest.

Paul Buffet-Beauregard est décédé le 12 août 1990. Ses obsèques se sont déroulées à Cressia dans le Jura et il a été inhumé au cimetière de Soucia (Jura).

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
• Commandeur de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 avec palmes
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille des Evadés
• Médaille des blessés

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