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Maurice Bourgès-Maunoury
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Maurice Bourgès-Maunoury

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Alias : Polygone - Berniquet - Cavalier

Maurice Bourgès-Maunoury est né le 19 août 1914 à Luisant en Eure-et-Loir ; il est le petit-fils de Maurice Maunoury, député et ministre de l'Intérieur de Raymond Poincaré.

Après des études secondaires au collège Stanislas à Paris, il entre à l'Ecole polytechnique en 1935, est licencié en droit et diplômé de l'Ecole libre des Sciences politiques.

Lieutenant d'artillerie dans un régiment de l'est en 1939, il fait fonction de commandant de batterie. Il prend part à la campagne de France dans les Ardennes et est fait prisonnier en juin 1940. Envoyé en Allemagne, il est interné, avec son frère Robert, à l'Oflag XVII A en Autriche.

En juillet 1941, après treize mois de détention, Maurice Bourgès-Maunoury est rapatrié en France comme ingénieur.

Avec trois camarades, Jacques Delmas, Félix Gaillard et Lorrain Cruse, il prépare l'Inspection des finances et, en même temps, prend contact avec les éléments de la Résistance.

Fin 1942, il passe les Pyrénées pour rejoindre les Forces françaises libres. Arrêté par la Garde civile espagnole, il se fait passer pour Canadien pour ne pas être renvoyé en France. Retenu prisonnier plusieurs mois à Pampelune, il parvient, grâce aux autorités britanniques, à gagner Londres, via Gibraltar, au début de 1943.

A Londres, il suit les entraînements spéciaux et est déposé par une opération aérienne près de Lons-le-Saulnier, le 15 septembre 1943, en compagnie de Paul Leistenschneider et Louis Mangin. D'abord délégué militaire de la région Rhône-Alpes (R1), il devient, après le départ de Mangin, délégué militaire national. Il multiplie les déplacements en zone nord et en zone sud aidé par son adjointe Madeleine Giraud (alias Andrée) qui allait devenir sa femme.

Début mai 1944, il repart pour Londres par une opération aérienne pour rendre compte des résultats obtenus en France en vue du débarquement allié.

Il est parachuté en France, en Saône-et-Loire, à Cluny, en compagnie de Jean Rosenthal et Paul Rivière, dans la nuit du 6 au 7 juin 1944. Il se foule la cheville à l'atterrissage mais prend immédiatement ses fonctions de délégué militaire pour la zone sud.

Après la libération de Lyon, alors qu'il tente de rejoindre Paris pour rendre compte de la situation au général Koenig, il est très grièvement blessé de plusieurs balles par les tirs d'une colonne allemande devant Montceau-les-Mines.

Moribond, il est alors transporté à l'hôpital du Creusot, ville encore occupée par les Allemands. Ramené à Lyon, il échappe de peu à l'amputation et est soigné à l'hôpital de Grange Blanche où il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle.

Il est nommé sous-chef d'Etat-major de l'Armée jusqu'en juin 1945 puis commissaire de la République à Bordeaux.

En 1946 il est élu député de la Haute-Garonne ; il le sera de nouveau en 1951 et 1956.

Membre du Parti radical, Maurice Bourgès-Maunoury est secrétaire d'Etat au budget en 1947-1948, avant d'être nommé secrétaire d'Etat à l'Air et à la Guerre.

Ministre des Travaux publics en 1950, il est, la même année nommé secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil.

De 1951 à 1952 il est ministre adjoint de la Défense nationale puis, en 1952, ministre de l'Armement.

Ministre des Finances (1953), ministre de l'Industrie et du Commerce (1954), ministre des Forces armées (1955), ministre de l'Intérieur (1955-1956), ministre de la Défense nationale et des Forces armées (1956-1957).

En 1957 Maurice Bourgès-Maunoury devient président du Conseil (13 juin au 6 novembre) puis jusqu'en 1958 ministre de l'Intérieur.

Il abandonne ses activités politiques en 1960, et exerce des fonctions au sein du groupe de la Banque Rivaud.

Maurice Bourgès-Maunoury est décédé à Paris le 10 février 1993. Il est inhumé à Luisant.


• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 12 septembre 1944
• Croix de Guerre 1939-45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Distinguished Service Order (GB)
• Legion of Merit (USA)

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