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Jacques Bourdis
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Jacques Bourdis

13ème Demi Brigade de Légion Etrangère
Bataillon de Chasseurs

Jacques Bourdis est né le 10 novembre 1920 à Grenoble dans une famille bourgeoise de souche dauphinoise.

Après une P.M.S. à Chambéry et Grenoble, il est inscrit à la faculté des lettres de Grenoble et vient de se présenter à l'écrit du concours d'entrée à Saint-Cyr lorsque survient la débâcle de juin 1940.

Le 17 juin, il refuse l'armistice et décide de poursuivre la lutte soit en Afrique du Nord, soit aux côtés des Britanniques.

Le 19 juin il part pour la Méditerranée ayant lu en route dans le Petit Dauphinois le premier appel du général de Gaulle.

Le 22 juin à Montpellier, il entend le troisième à la radio de Londres et trouve, le 23, à Sète, un cargo anglais qui l'embarque volontiers.

Via Gibraltar, il débarque à Liverpool le 10 juillet 1940.

Il s'engage dans les Forces françaises libres et est affecté au Bataillon de Chasseurs où il suit le peloton d'élèves aspirants à Camberley. Promu aspirant le 1er mai 1941. Dirigé sur l'AEF, puis sur le Levant.

Affecté au 2e bataillon de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) le 1er septembre 1941, il participe à toutes les campagnes de cette unité depuis Solum sur la frontière égypto-libyenne en janvier 1942, jusqu'à la frontière franco-italienne le 8 mai 1945.

Sous-lieutenant, il se distingue à Bir-Hakeim où, du 27 mai au 7 juin 1942, il participe avec sa section de chenillettes à d'incessantes patrouilles dans le nord de la position. Au cours de la sortie, dans la nuit du 10 au 11 juin, sa chenillette étant immobilisée par un coup direct, il est dépassé par sa section qui ne l'a pas vu et poursuit sa route à pied avec ses deux hommes d'équipage. Il rencontre une pièce de 75 tractée par un camion dont le conducteur a été mortellement blessé, le panse pendant que les légionnaires mettent le véhicule en marche et le ramène avec la pièce au point de rendez-vous fixé, recueillant en route deux officiers britanniques égarés.

En octobre 1942, à El Himeimat (El Alamein), il se distingue à nouveau à la tête de sa section de chenillettes. Il se bat en Tunisie en 1943 et en Italie en 1944 comme chef de section puis en France comme commandant de la 7e Compagnie du 2e Bataillon de Légion étrangère.

Le lieutenant Bourdis se fait de nouveau remarquer en particulier en prenant par une manœuvre remarquablement conduite, le 1er décembre 1944, la côte 880 et ensuite au "Kohlwald" (Thann) qu'il prend d'assaut le 3 décembre.

Le 23 janvier 1945, à Illhausern, il contribue à repousser une contre-attaque allemande, ainsi qu'au bois d'Elsenheim, deux jours plus tard, où il est blessé par balles au bras et au dos (éclats d'obus) en menant ses hommes à l'assaut dans un élan irrésistible, enlevant de vive force la position. Après un mois de convalescence, il rejoint le 2e BLE et termine la guerre dans le sud des Alpes, au Mazssif de l'Authion.

Promu capitaine en août 1945, il devient aide de camp du général Koenig, commandant en chef français en Allemagne, puis officier de liaison en zone britannique d'occupation jusqu'en 1950.

Il exerce des commandements au 20e BCP en Allemagne, puis aux 3e et 2e Régiment étranger d'infanterie en Indochine jusqu'en 1953. Il exerce des fonctions d'état-major à la 27e Division d'infanterie à Grenoble, puis au CCFFA en Allemagne.

Promu chef de bataillon en 1957, reçu à l'Ecole supérieure de Guerre, la même année. Il commande le 159e Bataillon d'infanterie alpine en Kabylie de 1959 à 1961.

Affecté au service d'information des armées de 1961 à 1963 avec le grade de lieutenant-colonel, il est nommé attaché militaire, naval et de l'Air près de l'ambassade de France à Athènes (1963-1966). Il commande ensuite le 46e Régiment d'infanterie à Berlin (1966-1968) avant d'être admis au CHEM (1968-1969).

Promu général de brigade en 1970, il est chef du cabinet militaire du Premier ministre (1969-1973) et promu général de division en 1973.

Commandant la 7e Division à Mulhouse (1973-1975), il est nommé adjoint au Général commandant la 1ère Armée à Strasbourg (1976) et promu général de corps d'armée en 1977.

Nommé Conseiller du gouvernement pour la Défense (1977), il commande la 2e Région militaire à Lille (1978-1980).

Membre du Conseil supérieur de l'Armée de Terre, le général Bourdis est admis dans la 2e section en novembre 1980.

De 1981 à 1986, il sert au Contrôle des Armements comme chef de la division études à l'UEO.

Il est nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération par décret du 5 janvier 2007.

Le général Jacques Bourdis est décédé le 9 avril 2007 à Paris. Il a été inhumé à Grenoble.


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 27 décembre 1945
• Grand Croix de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Croix de Guerre des TOE (3 citations)
• Croix de la Valeur Militaire (1 citation)
• Croix du Combattant Volontaire 39/45
• Médaille Coloniale avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie »)
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Chevalier du Dannebrog (Danemark)
• Officier de l'Ordre de Maurice de Nassau (Luxembourg)
• Commandeur de l'Ordre Royal de George II (Grèce)
• Officier de l'Ordre du Million d'Eléphant (Laos)

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