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André Lugiez
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André Lugiez

ORA

Alias : Dérégna.

André Lugiez est né à Lille le 13 juin 1910.

En 1930, après des études universitaires, il effectue son service militaire comme mitrailleur dans les troupes pyrénéennes.

Mobilisé en 1939 dans l'artillerie antichar, l'aspirant de réserve André Lugiez prend part à la campagne de France.

Entré dans la Résistance dans le nord de la France, il est arrêté par les Allemands, en 1942, à Hesdin, comme "Gaulliste présumé" et emprisonné dans la caserne de cette ville. Mis ensuite en liberté surveillée à Montreuil-sur-Mer, il commence à se livrer au sabotage du matériel roulant de la Luftwaffe de la région.

Alors qu'il opère, le 23 avril 1943, un sabotage en forêt d'Hardelot Plage, sur une ligne militaire allemande à haute tension alimentant des affût moteurs de DCA , il est arrêté à nouveau, sur dénonciation. Ramené à Montreuil-sur-Mer, il est questionné et brutalisé, sans succès, par la Feldgendarmerie qui le remet ensuite à la Gestapo. Frappé et soumis aux pires traitements pendant deux jours, il est relâché faute de preuves. Mais, convoqué le lendemain à la Kommandantur, il est déporté le 30 avril 1943 au camp d'Innsbruck-Reichnau (kommando de Dachau), en Autriche.

Là, André Lugiez est contraint à travailler sous les bombardements à la réparation des lignes ferroviaires électrifiées des environs. Six semaines seulement après son arrivée, déjouant l'attention de ses gardiens, il parvient à s'évader du camp au cours d'un bombardement au Col du Brenner près d'Innsbruck. Passant par le Tyrol, Munich, Augsbourg, il rentre en France le 12 juin 1943, muni de renseignement précieux sur les transports de troupes et de matériel par la ligne du Brenner.

Membre de l'Organisation de Résistance de l'Armée (ORA), section du Nord-Pas-de-Calais, il vit alors dans la clandestinité, recherché par la Gestapo et la Feldgendarmerie. Il séjourne sur une péniche à Saint-Omer puis au château de Wambercourt près d'Hesdin où les installation allemandes de munitions et de matériel sont, sous sa conduite, la cible de plusieurs sabotages par le feu.

En septembre 1943, il est blessé par balle au cours du sabotage du parc de camions de la Luftwaffe à Wimereux. Il réussit néanmoins à s'échapper et à gagner Saint-Omer. Changeant d'identité chaque mois, il se fait embaucher sur les chantiers de rampes de tir de Watten et de Wizernes-Helfaut et y effectue deux importants sabotages sur du matériel électrique.

A la mi-août 1944, grâce à un informateur allemand qui lui délivre un laissez-passer, il parvient à intégrer l'équipe livrant du matériel pour la station électrique de radio goniométrie de l'aérodrome de Lesquin-Lille, avant même sa mise en service. Là, il repère les lieux et prépare le terrain en vue d'une prochaine action de sabotage. Le soir prévu, il se fait passer, avec sa sœur, pour un couple d'amoureux en promenade, il rampe ensuite à travers champs pour rejoindre la base qu'il truffe d'explosifs. L'installation est détruite dans sa totalité. Il est alors promu lieutenant à titre exceptionnel.

Entre le 25 août et le 2 septembre 1944, les convois allemands de la région lilloise sont la cible de ses attaques répétées.

Le 3 septembre, avec le groupe du commandant Le Cars de l'ORA, André Lugiez prend une part active aux combats de libération de Saint André-lez-Lille. Sa mission accomplie, il est attaqué sur les berges du canal de Lille par une colonne de chenillettes allemandes se repliant sur la Belgique. Très grièvement blessé à la colonne vertébrale par une rafale de mitrailleuse, et par une salve de fusil destiné à l'achever, il est hospitalisé pendant huit mois, à l'hôpital militaire de Lille où il subit de nombreuses opérations chirurgicales.

Electricien radio après la guerre, ses blessures l'obligent toutefois à cesser son activité après quelques années.

André Lugiez est décédé le 7 janvier 1969 à Nice où il est inhumé.

• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 12 septembre 1945
• Croix de Guerre avec palmes
• Médaille des Evadés

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