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Les origines du gaullisme

Les origines du gaullisme

Les origines du gaullisme

par Bernard de Gaulle

La municipalité de Montceau-les-Mines accueillera Bernard de Gaulle, neveu du Général,  le jeudi 17 décembre à 19 heures pour une conférence sur les origines du gaullisme.

L'entrée est libre et la conférence se tiendra aux Ateliers du jour

Les Ateliers du jour
56 Quai Jules Chagot
71300 Montceau-les-Mines

 

ITW de bernard de gaulle parue dans le Journal de Saône-et-Loire en septembre 2013

Né en 1923 à Montceau-les-Mines, Bernard de Gaulle n’a jamais cessé d’être lié à son oncle. Étudiant en droit, résistant dès 1940, puis engagé dans le Mouvement Rhin et Danube, il raconte.

Comment êtes-vous entré dans la Résistance ?

J’étais à Grenoble en 1940, j’avais 17 ans. J’étais très entouré par le climat de cette ville qui avait commencé de résister bien avant la capitulation de Pétain. Il y avait un esprit extraordinaire. Avec mon nom, je ne pouvais pas faire autrement que devenir résistant, même si c’était pour moi un choix réfléchi et tout à fait assumé.

Votre nom vous condamnait, compte tenu de l’engament du général de Gaulle, à redoubler de vigilance…

J’ai gardé mon nom pendant trois ans, jusqu’en 1943 avant d’en changer car je ne voulais pas mettre en danger les gens qui m’entouraient. Je me suis finalement fait appeler Bruno Girard pour garder les mêmes initiales. Nous avons pris toutes les précautions nécessaires aux actions de la résistance.

Par exemple ?

En juin 1940, quand Grenoble a monté une opération pour arrêter des Allemands, nous sommes partis avec mon frère et mes cousins nous réfugier dans un chalet à 2000 m d’altitude dans la chaîne de Belledonne. Nous y sommes restés trois semaines en attendant des jours meilleurs. C’était pendant cette période qu’il y a eu l’Appel, et nous ne l’avons pas entendu.

On ne connaissait pas le danger tant qu’il n’était pas là devant nous. Je n’ai pas de preuve que les Allemands m’aient un jour suivi. Mes parents ont été protégés par les forces de la Résistance mais beaucoup de membres de ma famille ont été déportés et tués.

Quel regard portez-vous sur votre oncle, aujourd’hui ?

C’est un géant. C’est indescriptible. Personne ne peut faire le tour de son action, de son rayonnement. J’ai de l’admiration pour lui évidemment, il a influencé toute ma vie. Avant que je n’atteigne l’âge de 17 ans, c’était pour moi encore l’oncle Charles. Enfants, avec mes cousins, nous savions bien qu’il allait devenir un héros. Il était déjà un brillant officier, il écrivait des livres. On demandait à ma grand-mère (sa mère, NDLR) : « Quand est-ce qu’il sera maréchal de France oncle Charles ? »

En dehors de la Résistance, ce nom a-t-il été difficile à porter ?

J’ai été très heureux et honoré de le porter. Mais c’était quand même très lourd sur mes épaules. J’aurais parfois voulu être simplement moi. Les rapports que j’ai eus avec les gens ont très souvent été déformés par mon nom. Lorsque j’ai été démobilisé en 1945, j’ai sollicité le préfet de l’Isère pour garder mon nom de résistant, Bruno Girard, mais ce n’était pas possible alors je suis redevenu un de Gaulle même si je n’avais jamais cessé de l’être. C’est un héritage.

Connaissiez-vous cet épisode de Melay, l’atterrissage de Jean Moulin pour son retour en France en mars 1943 ?

Non, et c’est grâce à François Berriot (lire ci-dessous), que j’en ai eu connaissance. Dans les récits de la Résistance, on raconte surtout l’histoire des « grands », de Jean Moulin, de Pierre Brossolette… On dit qu’ils sont parvenus à tels ou tels endroits comme s’ils y étaient arrivés facilement alors que c’est grâce à une fantastique organisation pleine d’audace, une préparation impliquant un tas de gens tenus de garder le secret. C’est ça l’héroïsme de cette population française. Melay est un symbole de cette action. Ce ne sont pas des grandes batailles, c’est beaucoup plus subtil. Il faut que ça reste.

 

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