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Nos patriotes - Sortie en salles le 14 juin 2017

Le 14 juin 2017 sortira en salle le film "Nos patriotes", tiré de l'histoire de Mamadou Hady Bah, décoré de la médaille de la Résistance française à titre posthume.

 

LE FILM : Après la défaite française de l'été 1940, Addi Ba, jeune tirailleur sénégalais, s'évade et se cache dans les Vosges. Aidé par des villageois, il obtient de faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l'occupant mais qui ne se nomment pas encore "résistants", il participe à la fondation du premier "maquis" de la région

 

Biographie de Mamadou Hady Bah

Médaillé de la Résistance française à titre posthume par décret du 30 janvier 2003

Né à Conakry (Guinée) entre  1911 et 1916, ce jeune guinéen rejoint la France (sans doute en 1936-37) à Langeais (Indre-et-Loire) où il a suivi un colon français. Il s’installe dans la famille du percepteur de la ville, Ernest Maurice. Vers 1938, Mamadou, qui parle très bien le français monte à Paris où il exerce semble-t-il  le métier de cuisinier.

Le 14 novembre 1939, soit deux mois après la déclaration de guerre, il s’engage et effectue ses classes au dépôt 188 d’infanterie coloniale de Rochefort. En avril 1940, il est affecté au 12e Régiment de Tirailleurs Sénégalais et rejoint la zone des armées. En mai et juin 1940, son régiment lutte dans les Ardennes et sur la Meuse où il livre de durs combats, allant même jusqu’au corps à corps (bataille de Beaumont). Son unité accuse des pertes d’environ la moitié de ses effectifs. Au terme d’un ultime combat dans la forêt d’Harréville-les Chanteurs (Haute-Marne) Mamadou Hady BAH est capturé le 18 ou le 19 juin avec une quarantaine de camarades et interné dans une ferme à Neufchâteau (Vosges).

Profitant de l’ivresse de ses geôliers qui fêtent la victoire, Mamadou arrive à s’évader, sans doute le soir même, avec quelques tirailleurs et se réfugie dans le bois de Saint-Ouen-les-Parey. Il y reste un peu plus d’un mois avant de se décider, à cause des conditions de vie extrêmement précaires, de rallier le village voisin de Tollaincourt, pour y chercher des vivres. Il prend contact avec madame Maillère, institutrice du village qui alerte le maire, Louis Dormois, un ancien de 14-18. Le village apporte son soutien au « maquis africain ». Cependant, le risque de représailles par les Allemands étant de plus en plus élevé, la plupart des tirailleurs rejoignent la Suisse début 1941 avec l’aide de passeurs.

Quant à Hady Bah, il estime que son devoir est de continuer la lutte sur place où il est très bien intégré, ayant semble-t-il, d’excellents rapports avec la population. Avec son camarade Adama Diongal, il revient donc à Tollaincourt où les deux hommes sont camouflés en ouvriers agricoles.

Dès le mois d’octobre, il entre en relation avec deux futurs résistants du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR), Marcel Arburger (1) dit Simon et Georges Froitier (2), de Lamarche (Vosges). Il effectue des missions de renseignement et se procure une nouvelle identité lui permettant de circuler librement. Il travaille la journée aux travaux agricoles et la nuit, avec sa bicyclette, note les positions des casernes allemandes et des batteries.

Début 1943, il aide un officier britannique de la RAF dont l’avion a été abattu le 7 novembre 1942 en Haute-Marne, à rejoindre la Suisse.

Au début du printemps 1943, est créé, sur ordre d’un responsable du CDLR, le premier maquis des Vosges dit « le camp de la Délivrance ». Marcel Arburger est chargé d’accueillir les jeunes et de les diriger vers ce maquis. Hady Bah est quant à lui choisi pour encadrer la vie au quotidien. Il est responsable de l’organisation, du ravitaillement, de l’inspection et de l’armement.

Pour échapper au Service du Travail obligatoire, instauré par le gouvernement de Vichy le 16 février 1943, beaucoup de jeunes Français rejoignent le maquis. Au camp de la Délivrance, les effectifs grossissent en quelques semaines, atteignant 150 maquisards, complétés en juillet d’une douzaine de soldats russes (déserteurs de l’armée Vlassov) et de deux Allemands, sans doute déserteurs de la Wehrmacht.

Curieusement, le 11 juillet, les deux Allemands disparaissent et, à l’aube du 14 juillet, des troupes allemandes en grand nombre attaquent le camp. Plusieurs maquisards sont faits prisonniers et les armes sont découvertes, mais la plupart parviennent à s’échapper. Le lendemain, à Tollaincourt, traqué par la police allemande, Hady Bah est atteint par un tir alors qu’il tente de s’échapper et est  capturé.

Conduit à la prison de la Vierge à Epinal, il est torturé mais ne parle pas. Son ami Marcel Arburger est capturé par la Gestapo un mois plus tard à Dijon (le 18 août) et le rejoint.

Condamnés à mort par le tribunal militaire allemand d’Epinal le 3 décembre 1943, les deux hommes  sont fusillés le 18 décembre.

Inhumé tout d’abord à Epinal et ramené ensuite à Lamarche, le corps de Mamadou Hady BAH repose désormais à la Nécropole nationale de Colmar.

(1) Médaillé de la Résistance française à titre posthume par décret du 4 septembre 1960

(2) Médaillé de la Résistance française par décret du 11 mars 1947

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