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Le groupe de chasse

Le Groupe de chasse "Alsace"


Moins d'un an après l'armistice, le 15 mars 1941, est créée, en Egypte, à Ismaïlia, la l'Escadrille française de chasse n° 1 (EFC1). Ses pilotes sont parmi les premiers volontaires de la France libre. Sous le commandement du lieutenant James Denis. Equipée de chasseurs Hurricane, l'EFC 1 participe à la défense de Tobrouk assiégée, au sein du 73 Squadron dont elle forme le Flight C.

Du 9 au 25 avril, ces Français libres affrontent, à un contre dix, l'aviation ennemie. Mais ils tiennent le choc. En moins de deux mois, ils remportent 10 victoires aériennes et deux probables. Après le repli allié, l'escadrille, basée à Sidi-Hanish, se consacre surtout aux attaques au sol, et à la protection des convois en mer.

Le 21 juin 1941, l'Escadrille française de chasse n° 1 reçoit la Croix de la Libération, devenant ainsi la première unité militaire titulaire de cette prestigieuse décoration. Le 28 août, l'EFC 1 part pour le Liban où elle est bientôt dissoute pour laisser place, début septembre 1941, au Groupe de chasse n°1 Alsace (GC 1 Alsace) qui se constitue dans la plaine de la Bekaa.


Spitfire MkIX

Mécaniciens et pilotes arrivent d'Egypte et d'Angleterre, en provenance des quatre coins du monde. C'est un mélange de personnel d'active, de réservistes, de volontaires. L'entraînement commence aussitôt. Le groupe, commandé par Jean Tulasne, est formé, avec un matériel disparate (Morane 106, Dewoitine 520, Potez 25 et 29, Curtiss 75), des deux escadrilles Strasbourg, commandée par James Denis, et Mulhouse ; commandée par Albert Littolff. Dans un premier temps, les pilotes sont affectés à la défense d'Haïfa et au convoyage des avions neufs.

Début 1942, le groupe est rééquipé avec des Hurricane 1 arborant la croix de Lorraine Après la bataille de Bir-Hakeim, en juin 1942, sous le commandement de Joseph Pouliquen, le groupe participe à la défense d'Alexandrie. En août 1942, le capitaine James Denis prend le commandement du Groupe Alsace qui est stationné dans le delta du Nil. Dans les premiers jours de septembre 1942, la décision est prise d'envoyer le groupe en Angleterre pour servir sur le front occidental.

Fin janvier 1943, il est officiellement reformé en Ecosse, à Turnhouse, sous le nom de Squadron 341. Après entraînement, le groupe de chasse, désormais sous les ordres du commandant René Mouchotte, s'installe le 18 mars à Biggin Hill, au sud de Londres. L'escadrille Strasbourg est sous les ordres de Christian Martell et l'escadrille Mulhouse est confiée au capitaine Michel Boudier.

Début avril, les missions sur la France débutent. Le groupe, équipé de Spitfire Mk IX, protège les bombardiers alliés et est en prise directe avec les chasseurs allemands. Les missions et les succès se suivent. La première victoire est obtenue par Martell le 14 mai, la seconde par Mouchotte le lendemain. Après six mois d'intense activité, l'Alsace, qui a perdu son commandant disparu en combat aérien, est confié au commandant Dupérier, puis au commandant Martell avant d'être envoyé au repos en Cornouailles, à Perranporth. Le bilan des six derniers mois est éloquent : 26 victoires pour six pilotes abattus.

Les missions se poursuivent à Perranporth où se constitue en novembre 1943, avec le GC Ile-de-France et l'escadrille des Cigognes ; une escadre de chasse (Wing) française. Il s'agit essentiellement de protection de convois maritimes et de quelques missions de reconnaissance sur la Bretagne.

 
Bombe volante au-dessus d'Anvers

Début avril 1944, l'Alsace quitte Perranporth pour la base de Manston aux environs de Portsmouth. Les escortes et les opérations de chasse reprennent. Le 6 juin, lors du débarquement allié, le groupe effectue quatre missions. La Luftwaffe est alors quasi inexistante. Désormais, il s'agit d'affronter la flak (DCA allemande) et de détruire les bombes volantes, les V1. Les Spitfire s'envolent avec des bombes de 250 livres pour détruire les rampes de lancement. Le 12 juin 1944, c'est le premier atterrissage sur le sol de France, avant l'installation qui s'effectue fin août, près de Bayeux.

Les bases changent avec l'avance alliée. Les combats sont rudes ; ainsi, le 26 août 1944, le commandant Schloesing qui à remplacé le commandant Martell à la tête du groupe l'avant-veille, est abattu en vol. Jacques Andrieux le remplace. Désormais, ce sont des missions sur Dunkerque, la Belgique, le sud de la Hollande et les Ardennes pour contrer l'offensive du général von Rundstedt. Après un court repos sur sa première base de Turnhouse de janvier à mars 1945, l'Alsace reprend ses missions et s'installe à Eindhoven puis en Allemagne où la flak allemande lui détruit 10 appareils et tue 6 pilotes.

A la fin de la guerre, le groupe a effectué plus de 9 000 heures d'opération, plus de 4 500 sorties dont 655 bombardements en piqué. Le groupe Alsace compte 41 victoires confirmées, 14 probables, 27 navires coulés et plus de 500 véhicules détruits au sol. Le groupe a perdu 21 de ses pilotes, soit l'équivalent de son effectif opérationnel. Il reçoit la croix de la Libération le 28 mai 1945. De ses rangs sont issus 23 compagnons de la Libération.

L'Escadron de chasse 01/30, héritier des traditions du Groupe de chasse Alsace, a été dissout le 27 juin 2008 à Colmar.

  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme

Pour en savoir plus :

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au Groupe de chasse « Alsace »

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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