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Le 1er groupe du 3e régiment d'artillerie coloniale

Le 1er Groupe du 3e Régiment d'artillerie coloniale


Les origines

Le 1er Groupe du 3e Régiment d'artillerie coloniale (1/3 RAC) est l'héritier direct des éléments d'artillerie qui ont accompagné l'épopée africaine du général Leclerc avant la création, à l'été 1943, de la 2e Division blindée.

A la suite du ralliement à la France libre fin août 1940 de territoires de l'Afrique équatoriale française (Tchad, Congo et Oubangui-Chari) et du Cameroun puis du Gabon en novembre 1940, le colonel Leclerc est nommé commandant militaire du Tchad et du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST). Il va rapidement diriger son action vers le nord, c'est-à-dire vers le désert libyen.

Lors de la prise de l'oasis italienne de Koufra dans le désert de Libye, le 1er mars 1941, un seul canon de 75 mm, commandé par le lieutenant Ceccaldi et servi par Albert Grand, a pu accompagner la Colonne dont il forme, à lui seul, l'artillerie. Mais son emploi intelligent, par des coups répétés et efficaces, en changeant de position régulièrement, fera croire aux assiégés que les troupes françaises libres disposent de plusieurs pièces. Par ce stratagème, « l'artillerie » de la Colonne Leclerc participa largement à la victoire de Koufra.

Parallèlement et jusqu'à la fin de l'année 1942, au Tchad, plusieurs sections d'artillerie se préparent à rejoindre les troupes de Leclerc. Equipées essentiellement de canons de 75 mm, ces sections sont sous le contrôle tactique et administratif du RTST. Avec lui, elles seront progressivement rattachées à la Colonne Leclerc et manoeuvreront séparément, en appui des compagnies de Découverte et de Combat, mises en place par Leclerc, qui multiplient les raids dans le désert de Libye et dans le Fezzan.

Lors de la campagne du Fezzan et de Tripolitaine, de décembre 1942 à février 1943, six sections d'artillerie sont engagées. Le chef d'escadron Crépin en assure le commandement à partir de la campagne de Tunisie. Il se distingue, notamment lors de l'attaque d'El Araneb, par sa haute valeur technique et son efficacité, mettant hors de combat quatre pièces ennemies de 77 mm.

A la fin de la campagne du Fezzan, la Force L (ex Colonne Leclerc) reçoit en renfort deux batteries de 75 mm formées au Tchad, qui participent, avec l'ensemble de la Force L, à la campagne de Tunisie de février à mai 1943.


Le 1er Groupe du 3e Régiment d'artillerie coloniale

En juin 1943, considérant important de renouer des liens de traditions avec les anciennes unités de l'Armée française, le général Leclerc choisit, pour l'artillerie de sa Division, le nom du 3e Régiment d'artillerie coloniale (3e RAC), héritier du 3e Régiment d'artillerie de marine (3e RAMa) créé sous le Consulat en 1803 et qui s'illustra par la suite dans les campagnes coloniales du XIXe siècle, puis lors de la Première Guerre mondiale. Le 3e RAC, placé sous les ordres du lieutenant-colonel Crépin, est alors formé de trois groupes comprenant deux batteries chacun.

En septembre 1943, le Régiment fait route vers Temara au Maroc où va se constituer, puis s'équiper et s'entraîner pendant de longs mois, la 2e Division blindée. Le 10 novembre 1943, le 3e RAC, se condense en un groupe qui prend le nom de 1er Groupe du 3e RAC (1/3 RAC). Le Groupe, placé sous les ordres du chef d'escadron Fieschi en remplacement du lieutenant-colonel Crépin, nommé commandant de l'artillerie divisionnaire de la 2e DB, comprend alors un Etat-major et trois batteries de six pièces automoteur commandées respectivement par les capitaines Dubois, Demarle et Magnat et une colonne de ravitaillement sous les ordres du capitaine Waynbaum.

Au sein de la 2e DB, le 1/3 RAC forme l'artillerie du Groupement Tactique Dio (GTD).

En avril 1944, l'ensemble de la 2e DB fait route vers l'Angleterre, pour participer aux opérations sur le front occidental. Après une période d'entraînement au camp de Sledmere, dans la région de Hull, le 1/3 RAC débarque en Normandie, le 1er août 1944. Le baptême du feu a lieu le 8 août avec deux bombardements aériens, qui font plusieurs victimes au sein du Groupe. Celui-ci prend ensuite une part active à la libération d'Alençon, le 12 août. Le lendemain, la 3e Batterie entre en tête à Carrouges et tire 259 coups. Le 1/3 RAC se distingue ensuite devant Argentan, détruisant de nombreux véhicules ennemis.

Le 24 août, le Groupe sert en appui du Groupement tactique Warabiot (GTV) et du GTD, tirant plusieurs milliers de coups, aux approches de Paris où il fait son entrée le lendemain. Le 26 août, les capitaines Demarle, Genet et Dubois, du 1/3 RAC, conduisent les détachements d'honneur du général de Gaulle à Notre-Dame.

Les 28 et 29 août, le Groupe combat au Bourget avant de quitter Paris, quelques jours plus tard, avec la 2e DB en direction de l'Est. Commence alors la bataille de Lorraine, guerre de position qui se prolonge jusqu'à la libération de Baccarat, le 1er novembre 1944.

Ensuite, le 1/3 RAC appuie le GTD dans sa course vers Strasbourg où la 1ère Batterie entre avec l'élément de tête, le 23 novembre 1944, après avoir détruit un matériel important et fait de nombreux prisonniers. Le Groupe, dans un contexte climatique rigoureux, tient sa place dans la dure campagne d'Alsace, le long du Rhin, se signalant particulièrement à Erstein, Osthouse, Gerstheim et Obenheim. Au moment de la contre-offensive allemande menée par von Rundstedt dans les Ardennes, fin décembre, les artilleurs du Groupe appuient avec succès, le flanc sud des Américains avec l'ensemble de la Division du général Leclerc.

En janvier 1945, le Groupe rejoint l'Alsace et après la libération de Colmar, le 7 février, fait mouvement avec la 2e DB sur Châteauroux pour un repos bien mérité. Le 1/3 RAC part sur le front de l'Atlantique où devant Royan, du 15 au 18 avril 1945, il tire un nombre record d'obus.

Le 1/3 RAC franchit la frontière allemande le 28 avril 1945 et termine la guerre à Berchtesgaden, avant de cantonner près de Landsberg, près de Munich, à la suite de la capitulation allemande du 8 mai 1945.

Le 18 juin 1945, le 1/3 RAC participe au défilé de la Victoire à Paris, sur les Champs-Élysées.

Par décret du 7 août 1945, le 1er Groupe du 3e Régiment d'artillerie coloniale se voit attribuer la Croix de la Libération.

Pour son action dans les rangs de la France Libre, le Drapeau du 3e RAC a vu s'ajouter aux huit noms de batailles qu'il portait déjà ceux de "Fezzan 1942" - "Sud-Tunisien 1943" - "Paris 1944" - "Strasbourg 1944". Il est titulaire de la Croix de guerre 39/45 avec deux citations à l'ordre de l'armée. Il a compté dans ses rangs cinq compagnons de la Libération.

Aujourd'hui, le 3e Régiment d'artillerie de marine (3e RAMa), basé à Canjuers, près de Draguignan, est l'héritier des traditions du 1/3 RAC. Il a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945
  • Croix de Guerre 39-45 avec deux palmes

POUR EN SAVOIR PLUS :

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au 1/3 Régiment d'artillerie coloniale

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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