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La 13e demi-brigade de Légion étrangère

La 13e Demi-brigade de Légion étrangère


La 13e Demi-brigade de légion étrangère (13e DBLE) est créée en février 1940 à Sidi-Bel-Abbès en Algérie, à partir des volontaires du 1er Régiment étranger d'infanterie (1er REI) et des régiments stationnés au Maroc. Elle doit faire partie du corps expéditionnaire destiné à soutenir dans un premier temps les Finlandais contre les Russes. En réalité, elle opère en Norvège contre les Allemands avec le corps expéditionnaire français commandé par le général Béthouart.

Elle débarque à Bjervik le 13 mai puis conquiert Narvik du 28 mai au 2 juin 1940. L'invasion de la France par l'Allemagne fait qu'elle est rapatriée vers Brest à la mi-juin puis rapidement repliée en Grande-Bretagne où, le 29 juin 1940, le colonel Magrin-Vernerey – qui prend le nom de guerre de Raoul Monclar- et un millier de ses hommes choisissent de rallier le général de Gaulle et la France libre. Ces volontaires forment alors la 14e Demi-brigade de marche de la Légion étrangère (14e DBMLE) qui part le 31 août 1940 pour l'expédition de Dakar visant à faire revenir l'AOF dans la guerre.

Apres l'échec de Dakar fin septembre 1940, la 14e DBMLE, commandée par le lieutenant-colonel Cazaud, débarque en Afrique équatoriale française et participe au ralliement du Gabon en novembre 1940. Début 1941 elle reprend son ancienne appellation de 13e DBLE. Au sein de la Brigade française d'Orient, elle contourne ensuite l'Afrique pour participer aux combats qui font rage en Erythrée contre les forces italiennes. Après trois mois d'un voyage très pénible, et dans des conditions extrêmes dues à la chaleur, les légionnaires accomplissent leur devoir brillamment, participant aux combats de l'Enghiahat, à la prise de Keren (27 mars 1941) et de Massaoua (8 avril 1941) faisant plus de 10 000 prisonniers.

Après avoir gagné Qastina, en Palestine, où se regroupe la majeure partie des troupes terrestres des Forces françaises libres (FFL), la 13e DBLE participe contre les troupes de Vichy à la fratricide campagne de Syrie et à la prise de Damas, le 21 juin 1941. En octobre 1941, le nouveau chef de corps, le lieutenant-colonel Amilakvari reçoit, à Homs, le premier drapeau de la 13e DBLE des mains du général Catroux. Des trois bataillons que compte désormais la « 13 », le premier, sous les ordres du chef de bataillon de Bollardière, est rattaché à la 2e Brigade française libre du général Cazaud et les deux autres à la 1ère Brigade du général Koenig.

A la mi-février 1942, les légionnaires des 2e et 3e Bataillon s'installent à Bir-Hakeim avec les autres unités de la 1ère Brigade, avec pour mission de contenir l'avance irrésistible des troupes italo-allemandes du général Rommel qui menace la 8e Armée britannique, repliée à Alexandrie. A Bir-Hakeim, les légionnaires organisent la défense et participent avec efficacité aux patrouilles en profondeur, les "Jock Columns".

Du 27 mai au 10 juin, la "13", comme toutes les autres unités françaises, subit les violentes attaques des troupes de l'Axe. Les légionnaires, sous les ordres du lieutenant-colonel Amilakvari accomplissent leur mission sans défaillir, malgré le manque d'eau et les conditions de vie les plus rudes. Cette résistance permet au commandement britannique de se réorganiser. Après l'évacuation de vive force de la position, dans la nuit du 10 au 11 juin, la "13" part panser ses plaies, durant trois mois, en plein désert, au sud du Caire. 

A peine remise de ses blessures, la Légion qui ne compte plus que deux bataillons (avec une compagnie de commandement et une compagnie antichar) est engagée le 23 octobre 1942, avec la 1ère Brigade, dans une opération de diversion, chargée de soulager l'attaque principale des forces alliées qui se déroule à El Alamein en Egypte. Là, elle participe à la difficile attaque du piton de l'Himeimat, parvient à immobiliser deux divisions blindées mais perd son chef prestigieux, Dimitri Amilakvari, mortellement blessé. Poursuivant son périple par Tobrouk, la Demi-brigade, désormais commandée par le chef de bataillon Bablon, rejoint la Tunisie par Tripoli et Benghazi et est engagé, en mai 1943, notamment à Takrouna.

Envoyée « en pénitence » en Tripolitaine avec l'ensemble de la 1ère Division française libre (1ère DFL), la 13e DBLE regagne la Tunisie en septembre 1943 avant de recevoir des renforts d'Afrique du Nord et de parfaire son instruction en vue de sa participation aux opérations d'Italie. En avril 1944, elle débarque en Italie avec la 1ère DFL placée sous les ordres du général Diego Brosset. Avec ses deux bataillons, sa compagnie de canons de 105 et sa compagnie antichar, elle se distingue tout au long de la campagne et en particulier à Pontecorvo, Monte Leucio, San Lorenzo, Acquapendente et Radicofani. La Légion accuse cependant la perte de 3 officiers et 103 sous-officiers et légionnaires tués alors que 14 officiers et 346 sous-officiers et légionnaires ont été blessés.

Le 16 août 1944, elle débarque en Provence avec l'armée B du général de Lattre de Tassigny et prend part à la prise de Toulon et à la libération d'Hyères, Avignon, Lyon, Autun, Dijon, Besançon et des Vosges. La libération du sol national se fait lentement mais inexorablement. Dans les Vosges, les combats sont furieux et meurtriers, souvent au corps à corps et la « 13 » y joue un rôle décisif dans le dégagement de la route de Remiremont en appui de la 3e DIA. Elle prend également une part active aux combats de Gérardmer, du Ballon d'Alsace et de Masevaux.

Début 1945, l'unité, constituée désormais de trois bataillons grâce à des renforts ukrainiens notamment, sous les ordres chef de bataillon Arnault, participe dans des conditions climatiques extrêmes à la protection de Strasbourg, puis à la libération de Colmar. En mars 1945, le lieutenant-colonel Saint-Hillier prend le commandement de la « 13 » qui, après avoir reçu son drapeau à Paris le 2 avril, est décorée une semaine plus tard à Nice de la croix de la Libération par le général de Gaulle. La guerre n'est pas terminée pour autant et la « 13 » en avril et mai, prend part aux durs combats de l'Authion, dans le sud des Alpes, où les Allemands retranchés, résistent âprement. Puis, les légionnaires entrent en Italie, ce qui permettra plus tard de repousser la frontière plus à l'est.

Partis d'Afrique du Nord en 1940, les légionnaires de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère ont participé à toutes les campagnes depuis la Norvège jusqu'aux portes de Turin en Italie, soit un parcours de 90 000 kilomètres. En septembre 1946, la 13e DBLE reçoit la fourragère aux couleurs de la médaille militaire et de la croix de guerre 1939-1945. Par ailleurs, à titre individuel, la "13" a compté dans ses rangs 96 compagnons de la Libération. Aujourd'hui, la 13e Demi-brigade de légion étrangère est stationnée dans l'Aveyron, sur le plateau du Larzac. Elle a droit au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 6 avril 1945
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 1939-45 (4 palmes)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Croix de Guerre 39/45 (Norvège)

Pour en savoir plus :

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

 

 




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