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Le sous-marin Rubis

Le sous-marin Rubis


Le Rubis est un sous-marin mouilleur de mines de la série Saphir qui transporte 32 mines et des torpilles. Mesurant 60 m de long, 7 m de large et de 8 m de haut sur un fond plat, il entre en service actif en avril 1933. Il est basé à Cherbourg puis à Bizerte au moment de la déclaration de guerre de 1939.

En avril 1940, le Danemark et la Norvège sont envahis par les troupes de l'Allemagne nazie ; le 1er mai 1940, le Rubis est mis aux ordres de l'amirauté britannique. Au retour d'une mission en Norvège, le 12 juin, il rentre à sa base de Dundee en Ecosse avant de repartir pour mouiller ses 32 mines dans le chenal de Trondheim en Norvège. Il passe sous un destroyer allemand en patrouille à l'entrée du fjord. Un chasseur de sous-marin sautera quelques jours plus tard sur l'une de ces mines. A son tableau de chasse, il compte dès lors six bâtiments coulés et un endommagé.

Il rentre à Dundee, le 30 juin, alors que l'armistice franco-allemand est entré en vigueur depuis 5 jours. Alors que la saisie des bâtiments français par les Britanniques commence dans le cadre de l'opération Catapult qui a pour objectif de s'assurer par la force au besoin que la flotte française ne sera pas utilisé par les forces de l'Axe, l'équipage du Rubis, eu égard aux services rendus, particulièrement bien traité. Son ralliement à la France libre est en grande partie l'œuvre de son commandant, le lieutenant de vaisseau Cabanier qui le commande depuis 1938.

Cabanier s'entretient en effet longuement avec ses hommes, leur expliquant clairement la situation tout en laissant à chacun le soin de faire son choix. Malgré l'affaire de Mers el-Kebir, l'équipage du Rubis conserve sa volonté de servir la France Libre. Dès la mi-juillet, la quasi-totalité de ses membres décide de s'enrôler dans les Forces navales françaises libres (FNFL). Fait marquant, sur les 50 hommes d'équipage, 45 ont signé un engagement dans la France libre et 31 resteront à bord du bâtiment durant toute la guerre.

Le Rubis est un mouilleur de mines, et c'est comme tel qu'il enrichit presque totalement son tableau de chasse. Durant tout le conflit, il mouille près de 700 mines. Il effectue néanmoins six missions d'un autre caractère comme le débarquement d'un agent en Norvège ou la participation à un dispositif d'interception du Tirpitz. En septembre 1940, il effectue une mission de patrouille en Mer du Nord, puis, en octobre, au large des côtes norvégiennes. En décembre, il entre en carénage et est indisponible jusqu'au mois de mai 1941, date à laquelle l'officier en second, le lieutenant de vaisseau Rousselot, remplace le commandant Cabanier.

Le 1er juin, il appareille pour une patrouille de trois semaines dans le Golfe de Gascogne et reprend la mer, après de nouvelles réparations, au début du mois d'août 1941. Le submersible reçoit ensuite pour mission de miner les chenaux d'accès à Egersund (Norvège). Une fois sa tâche accomplie, il coule à la torpille un cargo de 4 000 tonneaux. Mais, lui-même endommagé par l'explosion, son retour à Dundee, le 25 août, doit se faire en surface sous la menace allemande et avec la protection de la Royal Air Force (RAF).


Le 14 octobre 1941, le général de Gaulle lui décerne la Croix de la Libération avec la citation suivante : « Bâtiment qui n'a pas cessé une seule heure de servir la France dans la guerre depuis le début des hostilités et dont l'Etat-major et l'équipage ont fait preuve des plus belles qualités guerrières en accomplissant de nombreuses et périlleuses missions dans les eaux ennemies. A infligé aux transports maritimes allemands des pertes sévères. Très sérieusement endommagé au cours d'une attaque, a réussi à regagner sa base au prix d'efforts inouïs du personnel en traversant un champ de mines très dangereux ».

Remis en état, le Rubis part pour une nouvelle mission de mouillage de mines dans le Golfe de Gascogne. D'avril à fin septembre 1942, il effectue cinq missions de mouillages de mines mais il doit rentrer à sa base pour réparation et reste indisponible jusqu'en mai 1943. Ensuite, les missions se succèdent : mouillage de mines au large de Biscarosse, près de l'Ile de Sein, au nord de Bayonne et d'Arcachon.


D'octobre 1943 à février 1944, le sous-marin doit subir de nouvelles réparations avant de reprendre une longue période d'entraînement. En septembre 1944, le submersible reprend ses opérations de guerre le long des côtes de Norvège. Il doit miner une zone précise non loin de Stavanger. Les mines sont placées avec précision : deux cargos ainsi que deux chasseurs de sous-marins allemands sauteront sur ces dernières, immobilisant tout trafic dans ce secteur. Le 29 décembre, il entre en carénage jusqu'en juin 1945.

Pendant le conflit, le sous-marin Rubis a effectué 28 missions et a mouillé 683 mines. Par son action, 18 bâtiments de commerce et de guerre auront été coulés (et 2 endommagés), sans compter la gêne causée à l'ennemi obligé de mener des opérations de dragage. Il a compté parmi son équipage 8 compagnons de la Libération. Terminant sa carrière en 1948, le sous-marin a obtenu de ne pas aller à la casse et de voir son épave immergée au large du Cap Camarat, entre Saint-Tropez et Cavalaire en 1958.

Depuis 1983, le Rubis, premier sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) de la marine française, perpétue la tradition de son glorieux aîné. A ce titre, ses personnels ont droit au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 14 octobre 1941
  • Croix de Guerre 39/45 (3 palmes)

Pour en savoir plus

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au sous-marin Rubis

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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