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Le 501e régiment de chars de combat (1940 - 1945)

Le 501e Régiment de chars de combat (1940 - 1945)


La 1ère Compagnie autonome de Chars de Combat

Lorsqu'il lance son appel le 18 juin 1940, le général de Gaulle ne dispose que de 12 chars H39 ramenés de Narvik en Norvège. Théoricien de l'arme blindée, il ne peut laisser les choses en l'état. Rapidement, grâce à l'arrivée de Français refusant l'armistice, la 1ère Compagnie autonome de chars de combat des Forces françaises libres (FFL) est créée, dès le mois de juillet 1940, sous le commandement du lieutenant Volvey.

La 1ère Compagnie s'embarque le 31 août pour Dakar au Sénégal. Après l'échec de la tentative de ralliement de l'AOF à la France libre, la Compagnie est dirigée sur le Cameroun. Elle débarque à Douala et participe, à travers la forêt équatoriale, au ralliement du Gabon, malgré les grandes difficultés dues à l'état des pistes. Puis l'unité embarque et arrive à Suez le 23 avril 1941, et fait mouvement vers Qastina, en Palestine, où se rassemblent les unités terrestres des FFL en vue de participer à la campagne de Syrie. Après les difficiles opérations contre les forces vichystes de Syrie de juin 1941, où pratiquement tous ses chars sont détruits, la 1ère Compagnie est recomplétée en personnels et en chars R35 pris aux troupes de Vichy.


Après une période de repos, elle s'installe, début 1942, à Beyrouth. Entretemps, en Angleterre, une 2e Compagnie a été mise sur pied grâce à l'arrivée de jeunes volontaires en provenance du monde entier. Equipée de matériel américain, elle part pour l'Afrique et débarque à Pointe Noire le 2 octobre 1941 ; affectée à la frontière du Niger, elle stationne au Tchad. De son côté, la 1ère Compagnie, dirigée sur l'Egypte en avril 1942, s'équipe de chars anglais Crusader pour faire bientôt partie, avec les spahis de l'escadron Jourdier, de la 1ère Colonne volante des FFL, qui rejoint la 8e Armée britannique, dans le Western Desert. Elle participe à la grande bataille d'El Alamein du 23 octobre au 4 novembre 1942. Les chars réussissent à stopper la contre-attaque allemande et participent ensuite à la poursuite de l'ennemi.

Après une courte période de repos, la Colonne volante traverse de la Cyrénaïque, la Tripolitaine et entre en Tunisie en février 1943. Les 6 et 7 mars, la 1ère Compagnie prend part aux violents combats de Médenine aux côtés de la 8e Armée britannique. Rattachée ensuite à la Force "L" du général Leclerc, venue du Tchad, elle opère avec elle depuis le sud tunisien jusqu'à Kairouan et au Djebel Zaghouan. Une fois la victoire acquise en Tunisie, elle retourne en Tripolitaine.

 Le 501e RCC

Depuis le mois de décembre 1941, en Angleterre, une 3e Compagnie de chars a été constituée, à Camberley, par le lieutenant Branet ; celle-ci parvient au Caire, en mai 1943, où la retrouve la 2e Compagnie qui a quitté le Tchad trois mois auparavant. Les deux compagnies parviennent ensemble à Sabratha, en Tripolitaine, où elles rejoignent la 1ère Compagnie. Rassemblées, elles donnent naissance, le 1er juillet 1943, au 501e Régiment de chars de combat (501e RCC), du nom du plus ancien régiment de chars de combat français. Le chef de bataillon Cantarel en prend le commandement.

Le Régiment reçoit l'appui de nombreux volontaires engagés au Maroc, en Algérie, ainsi que des évadés de France. Le 28 août, après un mouvement vers le Maroc, le Régiment est équipé en matériel américain avec des chars M4 Sherman ; il fait partie de la toute nouvelle 2e Division blindée sous le commandement du général Leclerc. Le 501e RCC s'organise suivant le modèle américain et une 4e Compagnie est formée avec un encadrement provenant des autres unités et de jeunes volontaires. Elle est équipée de chars légers de type M3.

Au printemps 1944, le Régiment embarque pour l'Angleterre. Après un entraînement intensif, il débarque en Normandie, les 2 et 3 août 1944, à Utah-Beach. Dans le cadre du groupement tactique V (GTV) auquel il appartient, il est engagé dans la bataille. Il participe aux combats d'Alençon et d'Ecouché et à l'encerclement de la poche de Falaise. Le 23 août, le 501e RCC fonce sur Paris. La section du lieutenant Michard, de la 2e Compagnie, pénètre la première dans la capitale, le 24 au soir, avec le détachement du capitaine Dronne.

Le lendemain, c'est l'entrée de la Division sur la ville qui est libérée dans la journée. Après un bref repos, le 501e RCC repart vers l'Est. Le 12, Andelot est pris. Le 13, Vittel est occupé, le 15, une tête de pont est établie à Châtel. Le 2 octobre, Anglemont est pris. Le 30 octobre, de nouvelles offensives sont lancées en direction de la ville de Baccarat. En isolant la ville des forces allemandes venant du Nord, l'unité remplit sa mission avec succès.

Après de rudes combats, la ligne des Vosges est définitivement percée. Le 501e RCC franchit les Vosges par le col du Dabo et débouche sur la plaine d'Alsace. Le 23 novembre 1944, la 2e DB libère Strasbourg, le serment de Koufra est tenu. En effet, le 1er mars 1941, après la prise du fort italien de Koufra dans le désert de Libye, le colonel Leclerc avait fait prononcer à ses hommes le serment de Koufra : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

La poussée vers l'est continue : le Régiment atteint Erstein le 30 novembre et prend le village d'Herbsheim le 2 décembre ; s'ensuit la prise de Rossfeld et Benfeld. Le 31 décembre, le Régiment est relevé par la 1ère Division française libre (1ère DFL) et fait mouvement vers le nord en raison de la contre-attaque allemande de von Rundstedt.

En janvier 1945, se déroulent les durs combats de Sélestat et de Grussenheim, bataille dans laquelle le 501e RCC paie un lourd tribu. La 2e Compagnie y perdant deux de ses chefs de section. Le 29 janvier, les Allemands tentent une contre-attaque désespérée pour reprendre le village ; ils sont repoussés et décimés.

Dans la deuxième quinzaine d'avril 1945, après quelques mois de repos près de Châteauroux, où le 501e RCC se reconstitue, arrive l'ordre de départ pour l'Allemagne. Le lieutenant-colonel Delpierre remplace le lieutenant-colonel Cantarel. Le Rhin est franchi le 28 avril. Le 501e RCC termine sa marche glorieuse au nid d'aigle d'Hitler, à Berchtesgaden, où la 3e Compagnie du capitaine Compagnon obtient la reddition de la caserne SS de la ville. Des rangs des trois premières Compagnies de chars des FFL et du 501e RCC sont issus 25 compagnons de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945
  • Croix de Guerre 1914-1918 (2 palmes)
  • Croix de Guerre 1939-1945 (2 palmes)

Pour en savoir plus :

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au 501e Régiment de chars de combat

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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