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Le 2e régiment de chasseurs parachutistes de l'armée de l'air

Le 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'Armée de l'Air


La 1ère Compagnie d'infanterie de l'Air

Sous l'impulsion du capitaine Georges Bergé la 1ère Compagnie d'Infanterie de l'Air est créée en Angleterre le 29 septembre 1940. Le 25 décembre 1940, après un très solide entraînement, la 1ère section (deux officiers, quatre sous officiers, dix-neuf militaires du rang) est brevetée à Ringway, avec la 1ère Compagnie de parachutistes britanniques. Le 21 février 1941, une deuxième section est brevetée.

Alors qu'une dizaine de parachutistes français rejoignent un stage de sabotage, la première mission de guerre des paras français est exécutée par le capitaine Bergé et quatre hommes en Bretagne. C'est l'opération Savannah (15 mars 1941) qui a un énorme retentissement, étant la première mission en France occupée. Le 10 avril 1941 la Compagnie passe aux ordres de l'Armée de terre et prend l'appellation de 1ère Compagnie parachutiste. Le mois suivant, la mission Joséphine B, avec quatre parachutistes,aboutit à la destruction de la centrale électrique de Pessac, en Gironde.

En mai 1941 l'effectif de la 1ère CIA est de neuf officiers, dix-neuf sous-officiers et 70 hommes de troupe. Elle se divise en deux parties : une section affectée, pour l'action clandestine, au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), c'est-à-dire aux services secrets de la France libre, et deux sections d'infanterie qui, sous l'appellation de 1ère Compagnie parachutiste, embarquent pour le Moyen Orient le 21 juillet 1941.

En septembre 1941 la 1ère Compagnie parachutiste devient le Peloton parachutiste du Levant puis, repassant à l'Armée de l'Air, la 1ère Compagnie de chasseurs parachutistes des Forces aériennes françaises libres.

Le French Squadron

Après un stationnement à Beyrouth et Damas, l'unité s'installe, le 2 janvier 1942, à Kabret, sur les rives du canal de Suez. Elle est intégrée à la Special Air Service Brigade (SAS brigade)britannique commandée par le Major Stirling. Les SAS français deviennent le French Squadron et ils se distinguent par des actions violentes, sur les arrières ennemis et sur les aérodromes allemands, obtenant des résultats très importants : en Crète, en juin 1942, avec la destruction d'une vingtaine d'avions allemands (le capitaine Bergé est capturé au cours de ces opérations) et, simultanément, en Libye (attaques des aérodromes de Matouba-Derna, Benina, Barce et Benghazi). Le mois suivant, sous les ordres du capitaine Jordan, second de Bergé et nouveau chef, les SAS français opèrent en Cyrénaïque.


En Tunisie, en janvier 1943, ils sont chargés, alors que la 8e Armée britannique avance vers Tripoli, de harceler les arrières allemands. Lors de ces missions, Augustin Jordan et le Major Stirling sont capturés. Après les opérations de Tunisie, la campagne d'Afrique prend fin et les survivants de la 1ère CIA font route vers l'Angleterre.

Parallèlement, depuis 1941, des volontaires venus de partout ont été rassemblés et entraînés à Camberley, en Angleterre. Avec les rescapés du Moyen Orient, ils forment en juillet 1943, le 1er Bataillon d'Infanterie de l'Air (1er BIA) que commande le chef de batailllon Pierre Fourcaud.

Le 4e Bataillon d'infanterie de l'Air (4e BIA)

En novembre 1943 le 1er BIA devient le 4e BIA et passe sous les ordres du commandant Pierre-Louis Bourgoin. Le bataillon est rejoint en Angleterre par le 3e BIA formé après la libération de l'Afrique du Nord.

C'est en Ecosse que ses 435 parachutistes se préparent activement, dans la perspective du débarquement.

Après avoir participé à de grandes manouvres avec sauts de nuit, les premiers SAS français sont parachutés en Bretagne dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Deux sticks de huit hommes chacun sautent sur les Côtes du Nord et deux autres sur le Morbihan. Leur mission est d'organiser une base, d'isoler la Bretagne du reste du pays et de prendre contact avec la Résistance afin de définir les combats à mener avec elle. Avec plus ou moins de difficultés les sticks remplissent leur mission et les premiers renforts en hommes et en matériel sautent sur la Bretagne dans la nuit du 9 au 10 juin suivis bientôt par l'ensemble des effectifs du 4e BIA.

Après de nombreux accrochages et combats avec l'ennemi, notamment au maquis de Saint-Marcel dans le Morbihan, les SAS et les Forces françaises de l'Intérieur (FFI) parviennent à faire la jonction avec l'armée du général Patton. Mais les pertes sont sévères : le 4e BIA a perdu 73 de ses hommes dans les combats de Bretagne.

Le 3e BIA sous les ordres du commandant Château-Jobert (dit Conan) intervient également en Bretagne.

Le 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'Armée de l'Air

Entre-temps, le 1er juillet 1944, le 4e BIA a changé de nom et est devenu le 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'Armée de l'Air (2e RCP) de même que le 3e BIA est devenu le 3e RCP.

Fin août 1944, malgré les lourdes pertes subies, les 2e et 3e RCP, équipés de jeeps puissamment armées de mitrailleuses vickers, sont chargés d'interdire à l'ennemi la rive droite de la Loire, permettant ainsi de le prendre en tenaille avec les forces alliées venant de Normandie et de la vallée du Rhône. Les raids des SAS se multiplient, certains pelotons libérant villes et villages vont jusqu'à Bordeaux et Périgueux. Le 11 septembre une compagnie du 2e RCP obtient la reddition de 3 000 allemands et en font refluer 15 000 autres.

A l'automne 1944, après trois mois de combats ininterrompus, le 2e RCP est mis au repos. Le 11 novembre 1944, sous l'Arc de Triomphe à Paris, il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle avec la citation suivante :

« Formation d'élite qui, sous les ordres du lieutenant-colonel Bourgoin, a eu l'insigne honneur d'être la première unité française à combattre à nouveau sur le sol de la Patrie. Parachutée au-dessus de la Bretagne au cours du mois de juin, a réussi à grouper autour d'elle plus de 10 000 résistants. Avec cette aide et au prix de lourdes pertes, a procédé avec le plus grand succès à l'attaque de certains éléments ennemis et à de nombreuses destructions de réseaux téléphoniques, de dépôts de munitions et de voies de communication d'importance vitale pour l'ennemi. A eu une grande part dans le succès de l'offensive alliée à partir de la tête de pont de Normande et a été à l'origine de la libération de la Bretagne. »

Le 30 décembre 1944, au moment de l'offensive de von Rundstedt, 200 hommes du 2e RCP, désormais commandé par le commandant Puech-Samson, sont précipitamment envoyés dans les Ardennes belges. Ils ramènent un nombre important de prisonniers.

En février 1945 les 2e et 3e RCP sont regroupés en Angleterre. Dans la nuit du 7 au 8 avril des éléments des deux unités sont parachutés en Hollande sur une étendue de 2 500 km2. Le but de l'opération est de créer le maximum de confusion chez l'ennemi et de gêner ses déplacements. Dans des affrontements violents, les sticks devront tenir entre huit et dix jours (au lieu des deux ou trois prévus) avant d'être épaulés par l'Armée canadienne.

Le 1er août 1945, les unités parachutistes passent sous le contrôle de l'Armée de Terre. Le 3e RCP est dissous et ses hommes intégrés au 2e RCP, placé sous les ordres du lieutenant-colonel de Bollardière.

Outre la Croix de la Libération, le drapeau du 2e RCP arbore la Croix de Guerre 39-45 avec 6 palmes, la Croix de Guerre belge, la Croix de Guerre hollandaise et la Bronze Star Medal (US). Sur les 24 compagnons de la Libération parachutistes de la France libre, 15 sont issus des rangs du 2e Régiment de chasseurs parachutistes de l'armée de l'air. .

Aujourd'hui, le 1er Régiment parachutiste d'infanterie de marine (1er RPIMa), créé le 1er novembre 1960 et basé à Bayonne, est l'héritier des traditions du 2e RCP. Il a droit, à ce titre, au port de la fourragère aux couleurs de l'Ordre de la Libération.

  • Compagnon de la Libération - décret du 8 novembre 1944
  • Croix de Guerre 39/45 (6 palmes)
  • Croix de Guerre 40-45 (Pays-Bas)
  • Bronze Star Medal (USA)

Pour en savoir plus :

Liste des Compagnons de la Libération ayant appartenu au 2e RCP

Liste des Compagnons de la Libération Parachutistes

Bibliographie

Les Unités Compagnons de la Libération

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